Mobiliser les bénévoles sur des actions d’inclusion numérique

Le recrutement et la fidélisation de vos bénévoles demandent un fort investissement en temps. Par ailleurs, la crise sanitaire a eu un impact néfaste sur l’engagement associatif, avec une chute de 15% du nombre de bénévoles engagés.

En particulier, quand on est Relais Numérique, les services numériques proposés, dans un contexte d’urgence face à la dématérialisation des démarches, viennent s’ajouter aux services déjà proposés par votre structure. Ainsi, en plus des contraintes classiques rencontrées pour mobiliser, la thématique de l’aide au numérique peut complexifier la tâche : elle peut inquiéter des bénévoles qui ne s’y sentent pas à l’aise, elle nécessite une posture adaptée,  demande une logistique particulière, …

Nous avons échangé avec une dizaine de Relais Numériques pour comprendre les problématiques rencontrées dans la mobilisation des bénévoles. Nous avons aussi réfléchi tous ensemble à des solutions pour dépasser ces difficultés. Elles sont expliquées dans cet article et synthétisées dans une fiche pratique. Bien évidemment, toutes les structures n’ont pas les mêmes moyens et les mêmes capacités de mobilisation ! Ces conseils sont avant tout fait pour vous inspirer et guider votre réflexion.

          1. La première difficulté réside d’abord dans la formulation du besoin.

L’accompagnement au numérique nécessite avant tout des compétences d’écoute active et de pédagogie : pas besoin de connaissances techniques poussées ! Franck, bénévole chez ATD Quart Monde à Rennes, explique qu’ au-delà de la technique, le plus important est de construire un lien de confiance avec le bénéficiaire. A l’inverse,  Michèle, qui anime le Relais Numérique de Bouxwiller, regrette le manque de pédagogie de certain-es bénévoles, qui peuvent perdre les bénéficiaires dans trop d’explications techniques.

Aussi, avant de chercher à mobiliser des bénévoles, il y a quelques questions essentielles à se poser : 

  • sur quelle(s) activité(s) avez- vous besoin d’un-e bénévole (Ex : vente solidaire, atelier individuel, atelier collectif…) ? 
  • quel est le contexte de la structure, quelles sont les contraintes des publics (absentéisme des publics, publics allophones,…) ? 
  • pour quelles missions et quel cadre d’intervention  ? (appui de l’équipe salariée, mission en autonomie comme l’animation de permanences connectées, …)
  • quelles sont les compétences souhaitées (savoir-faire mais surtout savoir-être) ? 

Toutes ces informations peuvent être synthétisées au sein d’une fiche mission, facilement diffusable au sein de votre réseau (télécharger la fiche pratique plus bas pour accéder à un exemple de fiche mission).

          2. La communication, “nerf de la guerre” de la mobilisation, s’est complexifiée avec la démultiplication des canaux et des outils.

Violaine, coordinatrice du réseau bénévole chez abej solidarité, estime que recruter en continue toute l’année est trop chronophage. Par ailleurs, le canal de communication – réseau social, affiches, mails, téléphone… – doit être adapté à la cible que vous visez. Par exemple, le Relais Numérique de Bouxwiller a expérimenté une campagne d’affichage dans la ville qui a été moins efficace que le bouche à oreille au sein de son réseau. D’autres Relais Numériques, comme l’Association Montjoie, ont l’habitude d’utiliser  le site France Bénévolat pour recruter leurs bénévoles.

Ainsi, avant de lancer une campagne de communication, il faut, dans la mesure du possible,  essayer de : 

  • Concentrer ses efforts de communication sur des périodes propices à l’engagement (ex : la rentrée scolaire)
  • Publier les fiches de mission sur les sites spécialisés : francebenevolat.fr, benevolt.fr, jeveuxaider.gouv.fr ;
  • Participer à des événements sur son territoire, comme les Forums des Associations ; 
  • S’appuyer sur d’autres acteurs locaux qui peuvent aider à communiquer ou à relayer un message : d’autres associations en proximité, les services de la commune, des écoles ou universités, des centres de formation de l’Action Sociale….

          3. Enfin, l’accompagnement dans la durée des bénévoles est indispensable pour les  fidéliser et pour pérenniser les actions.

Pour Noémie, de l’association niçoise Galice, il est essentiel de bien accueillir le futur bénévole, pour comprendre ce qu’il souhaite faire, connaître ses compétences : cela permet de mieux l’orienter ensuite. Après l’accueil, la phase de formation est aussi problématique : Violaine (abej solidarité) constate qu’en dépit d’un fort intérêt des bénévoles sur l’inclusion numérique, son association n’a pas le temps ni la compétence pour les former sur le sujet. 

Au-delà de la formation initiale, les bénévoles ont aussi envie de progresser et d’évoluer. Le Relais Numérique de Bouxwiller souhaite aider les bénévoles à s’améliorer dans les accompagnements, pour qu’ils puissent animer eux mêmes les ateliers (et pas seulement être là en renfort). Enfin, le format des ateliers peut aussi être questionné avec les bénévoles s’il n’est pas adapté aux publics. Par exemple, Sylvain, de l’Association Areams et Franck d’ATD Quart Monde, réfléchissent à de nouvelles modalités d’animation pour pallier l’absentéisme des bénéficiaires aux ateliers.

Ainsi, nous vous proposons de mettre en oeuvre les actions suivantes pour mieux accompagner les bénévoles dans la durée : 

  • Soigner l’accueil des bénévoles  et proposer une immersion dans votre structure (à l’occasion, par exemple, d’un atelier numérique) ou en mettant en place un système de parrainage ou de binôme
  • Laisser une place aux moments informels (ex : cafés hebdomadaire, 1  temps fort annuel dédié, des moments de retours d’expérience…) afin de souder une vraie communauté (la sociabilisation étant un levier puissant de mobilisation des bénévoles)
  • Adapter la mission si besoin pour répondre au mieux aux contraintes des bénévoles et aux besoins des bénéficiaires (par exemple : ateliers flash de 30 min, permanences connectées thématiques, vente solidaire sur un horaire bien défini, proposer des horaires le soir et week-end pour permettre au actif.ves de s’engager, …)
  • Proposer des formations à vos bénévoles sur l’inclusion numérique. Contacter votre référent.e Emmaüs Connect pour demander l’inscription d’un.e bénévole à une formation proposée par les Relais Numériques (dans la limite des places disponibles)
  • Utiliser la FAQ du site Les Relais Numériques, en particulier pour les questions liées à la vente solidaire
  • Créer un dossier partagé qui rassemble tous les supports pédagogiques et outils de suivi dont les bénévoles ont besoin pour assurer leurs missions

Vous pouvez retrouver une liste des différentes solutions qui ont été réfléchies au cours de nos échanges dans cette fiche.

Vous pouvez visionnez ou revisionnez le webinaire du 15 avril 2022